J’voulais vous dire …

La prière du peintre mécréant

En ces jours notre « Toile » est noire,
D’un noir absent et banni de nos palettes.
D’un noir innommable que seuls les barbares
Connaissent et éjaculent de leurs mitraillettes
Sur cette innocente et joyeuse foule qui anime nos bars,
Nos terrasses et nos cafés, dans la douceur du soir,
Dans nos salles de rock métal ou de bal musette.
Noir ignoble et abject que seuls les odieux barbares
Connaissent et bestialement éjaculent à l’aveuglette
Sur les amoureux de la vie et les amants de la fête.
En ces jours si tristes notre toile est noire,
D’un noir d’une froideur glaciale,
D’un noir d’une fatalité fatale,
D’un noir d’une laideur incommensurable,
D’une laideur à faire vomir … barbares vous êtes d’odieux misérables.
En ces jours si tristes notre toile est noire, si noire.

 

Sur nos palettes, amis, nous allons faire revivre nos plus beaux rouges
Le rouge du cœur, celui du coquelicot, du camélia, de la pivoine ou de la rose carmin,
Pour nos amis, nos sœurs, nos frères, nos mères et nos pères,
Tombés sous les balles de ces vauriens, ordures, fruits de la haine, de l’ignorance et du malin,
Ces rouges, joyeux, vifs, flamboyants, chaleureux raviveront notre toile noire loin
Du rouge sanguinaire qu’en piètres larbins
Les barbares ont répandu sur nos trottoirs orphelins.
Aux abords du Stade de France,
Rue du Faubourg du Temple,
Rue de la Fontaine au Roi,
Boulevard Voltaire,
Rue de Charonne,
Rue Alibert,
Rue Bichat,
Et là.
Nous continuerons à boire au café du coin.
Dès la fraîcheur de l’aube, dans la beauté du jour et de la nuit, du soir au matin,
Dans la douceur de nos soirées en automne, comme en hiver, comme au printemps, comme en été,
Entre amis, entre inconnus, le verre de l’amitié et de la liberté en main nous continuerons à trinquer.
Nous continuerons à baiser, à savourer, à aimer et à jouir. Nous continuerons à prendre du plaisir, à goûter,
Déguster nos plats, nos vins et gourmandises. Nous continuerons à frissonner dans la frivolité et la futilité.
Nous continuerons à faire l’amour, à faire la fête, nous continuerons à nous aimer et vous tenir tête,
Nous continuerons à respecter nos femmes et nos blondes têtes.
Nous jouerons encore et encore à l’accordéon dans nos guinguettes,
Nous continuerons à jouer du ballon sur nos terrains de foot avec nos Bleus.
Comme l’arc dans son ciel nous peindrons la vie de rouge, d’orangée, de jaune, de vert, de violet, d’indigo et de bleu.
Nous continuerons à sortir nos crayons pour dessiner des fleurs, des colombes et de beaux ciels marins,
A sortir nos plus belles plumes pour écrire la vérité, la liberté, la joie, la tristesse et le chagrin.
Nous continuerons à jouer du violon et chanter sous les balcons de nos belles,
Loin de vos crécelles qui comme celles du moyen-âge annonçaient la peste,
Et qui aujourd’hui, après les avoir réduites au silence, annoncent la mort de nos belles.
Nous continuerons à gratter nos guitares, à jouer des basses, à frapper du tambour, et à faire jouir nos violoncelles,
A chanter gorges déployées notre liberté plus forte que vos armées de pantins, vos armées de sagouins,
A aimer la vie, nos vies et à en bouter la mort et l’abject au plus loin,
Loin, très loin, très très loin,
Beaucoup plus loin,
Encore plus loin. …

Palette

Bruno Laforge, artiste peintre, le 15 novembre 2015

Que vive le printemps !

IMG_20150323_115134   IMG_20150323_114840    IMG_20150323_121611

Ce jour est beau. Pur. Son ciel s’est lavé de toutes ses larmes

Versées en cet hiver souillé de sang et victime de la folie des armes.

Ciel d’un azur sans faille et sans nuage, cette nature nous émerveille

De ses fleurs blanches habillant nos arbres à nouveau sans pareils

Brassens et les oiseaux du Parc chantent le printemps à tue tête

Prions pour que les barbares du monde entendent cette fête

Que pour toujours ils enterrent leurs armes sous les roses

d’Ispahan afin que plus jamais la terreur à nous ne s’impose.

Bruno Laforge 23 mars 2015

Comments are closed.

LouiseBrooks theme byThemocracy