Au cinoche … autres toiles

Pas encore vu mais semble-t-il incontournable … J’irai !

Au-delà des montagnes ...


 

Derrière L’HERMINE … Honoré

L'Hermine

Un « 12 hommes en colère » version « chti » où, à la différence du standard américain, il ne s’agit pas d’un parricide mais d’un infanticide et où, autre différence non anodine, nous sommes invités à sortir hors du prétoire … au petit matin, à l’heure du déjeuner ou encore au milieu de la nuit dans cette petite ville de province où tout est immobile, où rien ne se passe mais où presque tout se sait et où les rumeurs vont bon train. Certains parleront de caricature, de présentation didactique, de description à gros traits. Pour moi il n’en est rien. Je pense à Honoré. Caricature ? Si c’est comme Honoré Daumier le faisait des gens de justice … belle référence. N’y voit-on pas d’ailleurs les dessinateurs de presse le faire ? Si c’est à la façon d’ Honoré de Balzac … j’aime ! Derrière l’hermine nous découvrons ce magistrat « à 2 chiffres » (ses accusés en prennent généralement pour minimum 10 ans …) en fin de carrière, résigné, étriqué dans son costume et dans sa vie … ressusciter. Derrière l’Hermine, derrière la blouse blanche …  deux « presque » inconnus se redécouvrent l’un à l’autre et se découvrent à nous. Ce film est une belle réussite tant par son écriture balzacienne que par l’interprétation magistrale (Coupe Volpi – prix de la meilleure interprétation masculine à la Mostra de Venise en septembre 2015) de Fabrice Lucchini, troublant, touchant, sans fioritures et de Sidse Babett Knudsen éblouissante. Cette comédie dramatique est mise en musique et chantée par Claire Denamur. Les seconds rôles pratiquement tous interprétés par des « gens du nord » sont eux aussi poignants et vrais, telle Miss Ming que j’avais découverte dans le merveilleux « Henri » de Yolande Moreau et pour lequel j’avais écris (un peu plus bas) un billet … enflammé ! (14 décembre 2015 Bruno Laforge)



Timbuktu, Affiche

TIMBUKTU

2012 en Mauritanie

Le décor est planté dès les premières images avec ces figurines et masques traditionnels fracassés par les balles djihadistes. Anéantir un peuple, sa civilisation, son histoire, ses croyances. Petite faiblesse que ces quelques longueurs, mais des paysages merveilleux pour ce film remarquable traitant avec une infinie justesse de la double lecture du Coran. La raison du sage tente de s’opposer à l’obscurantisme, la folie destructrice et aveugle du barbare et de sa meute de pantins. Par la terreur, avec pour seul étendard la charia, l’absurde et l’innommable s’installent jour après jour dans les ruelles et à l’ombre des dunes, étouffant toute velléité de justice et de respect.

On pense apercevoir des calebasses posées sur le sable … la caméra s’avance et l’atroce surgit : ce sont les têtes « d’infidèles » enterrés vivants jusqu’au cou, têtes faciles à lapider dans ces conditions. Expression même de la lâcheté . Et pourtant la force de la croyance, de l’amour et de l’imaginaire font face, pour preuve ce très beau match de football sans ballon … mais les enfants, avenir du peuple, peuple qui se tiens debout, jouent avec ce ballon virtuel avec une telle conviction que nous finissons par le voir. Evidemment ce récit a une résonnance cruelle en cet hiver 2015. Aujourd’hui, nous célébrons le printemps et le monde moderne, notre monde, doit faire face à ce monstre avec autant de force et de conviction que ces habitants de Tombouctou. (20 mars 2015 – Bruno Laforge)


Dans un tout autre registre … les NOUVEAUX SAUVAGES

humour décapant et délicieusement caustique

 Les Nouveaux Sauvages

Je me suis régalé avec ce film présenté tel un livre de nouvelles, style que j’affectionne particulièrement. Parrainé par Almodovar, cette série de 6 sketches réalisée par le cinéaste argentin  Damián Szifron est tout simplement savoureuse, truculente … je ne saurai pas vous cacher plus longtemps le fil rouge reliant chacune de ces fables à savoir … le quotidien avec le grain de sable qui fait qu’une situation des plus banales va dégénérer et partir en vrille à la vitesse grand « V » … des histoires de ouf mais croquantes à souhait !!! … allez-y et en VO s’il vous plaît ! (Bruno)


Mommy ... l'affiche.grave … Mommy …

« Ce n’est pas parce qu’on aime quelqu’un qu’on peut le sauver.

L’amour n’a rien à faire là dedans. »

On ressort de la salle secoué par tant de violence, de force, de puissance, de désespérance et d’espoir.

Les 3 acteurs, Anne Dorval, Antoine Pilon et Suzanne Clément sont tout simplement « bluffants ».

Quant à la caméra du jeune Xavier Dolan (25 ans et déjà cinq films à son palmarès) elle va au contact des personnages pour mieux les habiter, y réveiller leurs démons, leurs errances, leurs impuissances et leurs ambivalences.

Certes le « joual », argot québécois particulièrement fleuri risque de déstabiliser le spectateur mais on fini par en capter la crudité. Fusant en tirades incendiaires, inventives, souvent hilarantes, il est aussi raccord avec le voltage anormalement élevé des situations. (Bruno Laforge) 


 Pride

 P R I D E   ! ! !

Superbe et improbable rencontre de ces deux mondes que sont les gays de Londres et les mineurs du Pays de Galles sous le règne de la « Dame de fer » Madame Thatcher. Personnages de chair et de sang, des êtres qui ont fait l’histoire au péril de leurs vies en dépassant leurs préjugés et en abolissant tous les tabous. Un hymne à l’engagement et la solidarité. De la même veine que « Full Monty » ou « Billy Elliot »  … grave, beau, fort mais non dénué de l’éternel humour so british … Touché en plein coeur ! (Bruno Laforge)


Elle « j’aimerais être à sa place » – Lui « à la place de qui ? » Elle « à la place de l’oiseau qui chante là-haut » … pas le temps …  Deux jours, une nuit pour convaincre des compagnons de labeur, 15 collègues avec pour chacun d’eux ses propres curseurs. On ne peut s’empêcher de penser à « 12 hommes en colère » avec les curseurs omniprésents aujourd’hui : travail, argent, licenciement, détresse. Antidépresseurs, macadam, hontes, interphones muets, égoïsmes, générosités, amours, violences … Jolies bascules, incapacités, petitesses et piètres révélations. Une Marion Cotillard (Nominée aux Oscars 2015) d’une extrême justesse, sans fard, entourée de collègues tout aussi justes évoluant dans la générosité, la fuite, l’hypocrisie, l’égoïsme, la violence, ou dans leur propre impuissance devant le rouleau compresseur de l’économie et des petits calculs. Drame d’une grande humanité, dur … mais dit-elle  « je suis contente on s’est bien battus » (Bruno Laforge)


The best offer ? Délicieux thriller psychologique se déroulant dans une ville Fellinienne. Lieux raffinés et courus par  le monde de l’art mais aussi la maison de maître abandonnée, habitée par le mystère et hantée comme nous en servaient Alfred Hitchcock ou Joseph Mankiewicz … S’y croisent un so british commissaire priseur, dandy d’un autre temps, implacable pour débusquer le vrai du faux, une jeune femme invisible car agoraphobe, un jeune Don Juan réparateur d’automates, un artiste frustré, une naine à la mémoire infaillible. Quelle sera la meilleure offre ? « The BEST OFFER »Où est la frontière entre le vrai et le faux quand celui-ci rattrape la valeur du vrai ? Entre la folie et la passion ? Le plus beau des trompe-l’œil peut-il duper l’expert de l’art ? Engrenages qui sans cesse poussent le temps, horloge de notre vie, jeunesse, vieillesse, décadence, beauté … l’art est-il plus beau que ce qu’il représente ? It’s the question ! (Bruno Laforge)


 Sous ses faux airs de western kurde une superbe dramaturgie avec « My Sweet Pepper Land » … à ne pas loupper !

L'affiche

 Toute la beauté du monde et sa férocité se retrouvent dans ce superbe film, paysages du bout du monde, grandioses et arides, le bon la brute et le truand, quatre quatre abandonné pour les canassons, chevauchées avec l’harmonica d’Ennio Morricone … et une jeune femme, superbement incarnée par l’actrice iranienne  Golshifteh Farahani, se dégage de la chape tribale pour se réaliser tout comme le Clint Eastwood kurde « Baran » lui aussi remarquablement interprété par Korkmaz Arslan dont c’est le premier film. … (Bruno Laforge)

Lunchbox … ou le « réveil des sens » le grain de sable qui change le cours de la marée. « Comme ma mère me disait, on peut prendre le mauvais train et arriver à la bonne gare »

Laissez-vous porter par le rythme lent mais incessant des trains de banlieue de Bombay, le grouillement de la foule, le grondement de la ville, la solitude dans la multitude. Cette « Lunchbox »  reconnue et validée par le Prince Charles et par les experts de Harvard est en fait une boîte magique d’où se dégagent les saveurs qui vont réveiller les sens de cet employé arrivant à la retraite et donner du piment à la vie de cette jeune femme délaissée par un mari volage. D’une erreur, d’un grain de sable peut naître une belle aventure. C’est aussi cet homme qui se bichonne dans sa salle de bain le matin et au moment de la quitter sent l’odeur qu’y laissait son grand-père, âgé, après s’être rasé … Elle est encore jeune et belle … « On ne se souvient plus des choses quand on a plus personne à qui les raconter » … Ce film ne se raconte pas, il se goûte, ne soyez pas pressé !

(Bruno Laforge)


 VIVA LA LIBERTA !!!   ou quand un philosophe bipolaire redonne la foi à un peuple à la dérive et en déshérence. Très belle parabole que cette comédie à l’italienne de Roberto Andò, pleine de sensibilité, de finesse et d’humour sur des sujets aussi profonds que la beauté de la folie, le cynisme de la politique ou les mystères de la gémellité. Où se cache le vrai,  d’où peut naitre la passion, mieux vaut la fuite ou le pouvoir ?

De l’amour, de la tendresse et beaucoup d’interrogation sur le sens de la vie, le destin, la destinée. Belle distribution et plus particulièrement un sublime et attachant Toni Servillo que j’avais découvert avec autant de bonheur il y a quelques mois dans  « La grande belleza » de Paolo Sorrentino.

On peut citer William Shakespeare, Pascal et Fellini sans être rasoir et donner du plaisir !!!  … j’ai adoré. Belle journée que celle d’aujourd’hui. (Bruno Laforge)


La-grande-bellezza

J’ai adoré « La grande bellezza » de Paolo Sorrentino … beauté et férocité felliniennes … nous sommes tous au bord du gouffre (Bruno Laforge)


HENRI ! un hymne à l’amour, au droit à la différence et au regard de l’autre … « 0uvrez, ouvrez la cage aux oiseaux » … superbe !

Une pépite dans ce monde de brute !Henri

Que d’humanité dans ce superbe film de Yolande Moreau qui, si on ne fait que de l’entre-apercevoir en début de séance, est d’une présence permanente par son univers, celui du quotidien des gens du nord, de la rudesse de la vie, de l’âpreté des jours, de la souffrance cachée mais aussi la délicatesse des âmes, la beauté des cœurs. Une musique en harmonie avec ces paysages qu’aurait si bien chanté Brel ! Ce film est merveilleusement interprété par des « gueules cabossées » par l’épreuve mais d’une grande beauté intérieure, Pippo Delbono, Candy Ming, Jackie Berroyer et les autres … Ce film est aussi un bel essai sur « le regard » … le regard des autres, le regard sur nous-même, notre regard sur le monde … Ouvrez les yeux ! l’amour et la beauté existent encore ! même là où on ne les attend pas. (Bruno Laforge)


A l’écran …

ou quand les artistes quittent leur toile pour …

REVIVRE SUR LA TOILE !


 Shirley ... l'afficheSur les écrans depuis le 17 septembre, hommage rendu à la peinture d’Edward Hopper et à la vie quotidienne américaine des années 1930 aux années 1960, avec la mise en scène de 13 de ses tableaux prenant vie et restituant le contexte social, politique et culturel de l’époque à travers le regard du personnage féminin, Shirley. Personnage directement inspiré de Joséphine son épouse, un modèle unique et froid. La vision d’une réalité ordinaire, sans concession.

Pour ma part, certes la reprise à partir des 13 tableaux, palette de couleurs, fausses perspectives, vides et fenêtres … n’est pas mal réalisée, mise en situation historique intéressante, mais il ne faut pas être fatigué et il faut vraiment avoir une vraie envie de découvrir la vie de la femme-modèle d’Edward Hopper pour ne pas s’endormir, la voix « off » et la succession de plans très lents aidants …  (Bruno Laforge)

affiche-bruegel-le-moulin-et-la-croix2

Ce remarquable BRUEGEL a quitté nos salles obscures … mais existe en DVD.

Attention les âmes sensibles, film très violent, très dur … mais d’une grande beauté et une authentique prouesse technologique … superbe, fulgurant !

(Bruno Laforge)

 

 

 

 

 


Pas vu … pas pris …

National Gallery, afficheJ.W.Turner à l'affiche à partir du 3 décembre prochain

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